Vendredi 30 janvier, Laetitia Masson a donné une Masterclass à l’IECA ! Elle est revenue sur son parcours à la Fémis, aussi bien comme étudiante que membre du jury. Et a partagé ses expériences de tournages, depuis ses débuts jusqu’à aujourd’hui.

La rencontre était animée par Aurore Renaut, Directrice de l’IECA et Maîtresse de Conférences, et Laurent Jullier, Professeur des Universités.

Le soir, elle a présenté au Caméo Commanderie, son dernier film, Un hiver en été (2023).

👇 Retrouvez ci-dessous quelques extraits marquants de cette masterclass.
📺 Pour la version complète, la captation vidéo est disponible sur UL TV.

 

Du côté de l’acteur

Laetitia Masson : « Ça m’a beaucoup intéressée d’être du point de vue de l’acteur parce que quand on est metteur en scène, évidemment, le grand travail d’un cinéaste, c’est de filmer des acteurs. Et donc ça m’a intéressée d’être de l’autre côté. De voir comment c’était difficile et ça m’a rendu beaucoup plus douce. Je n’étais pas dure, mais j’ai compris encore plus leurs travers parce que c’est une position très particulière d’être tout le temps observé. C’est assez difficile. Enfin eux ils aiment ça, mais bref, c’était quand même intéressant. »

 

Du côté de la Fémis

Aurore Renaut : « Vous avez fait la Fémis mais vous avez également été co-responsable du département réalisation à la Fémis. Et on vous voit d’ailleurs dans le film Le concours de Claire Simon qui était sorti en 2017. Je dis ça aussi parce qu’on est en plein dans la première épreuve en ce moment… »

Laetitia Masson : « J’étais présidente du jury. […] Pour moi, qui avait été pareil à la place des étudiants avant. […] J’essayais d’être vraiment sympa pour qu’ils soient à l’aise, pour vraiment donner le meilleur d’eux-mêmes, pas être stressé quand c’était le grand entretien de la fin, la dernière épreuve. Moi j’étais vraiment surstressée quand j’étais passée, quand j’étais étudiante. Ils m’avaient vraiment humilié. Donc j’essayais d’être vraiment sympa et tout. Bon bref, ça se termine. Et puis un jour, je marche, je sors du supermarché avec mes courses. Et un jeune homme vient me voir et me dit : « Vous vous souvenez de moi, j’ai passé la Fémis et, je l’ai pas eu. Mais j’ai pas compris parce que vous étiez tellement sympa, j’ai cru que j’allais l’avoir. » Et là je me suis dit « ah mais au secours ». En fait c’est pas bon non plus d’être très accueillant, très compréhensif parce que j’avais donné un faux espoir. »

 

Les contraintes de la production, le bonheur du tournage

 Laetitia Masson : « La galère aujourd’hui, et à l’époque aussi j’imagine, c’est déjà de réussir à enclencher le film. C’est-à-dire à trouver l’argent. Ça c’est une vraie, vraie galère. Et de plus en plus une galère. Quand on fait des films vraiment indépendants, c’est qu’on essaie de garder une forme de liberté de penser. Donc une fois qu’on tourne, au contraire c’est le début de l’extase du metteur en scène. C’est-à-dire qu’on a tout dans la tête, tout est prêt et effectivement on se confronte au réel mais c’est le moment où aussi un miracle peut arriver. Parce que, moi, en tout cas comme cinéaste, je vais à la chasse, pas au papillon mais au miracle. »

Laetitia Masson : « Quand vous faites des films qui sont censés marcher parce qu’il y a une star […] et que ça ne marche pas et ben là on vous le fait payer tout de suite. C’est ce qu’on appelle le box-office. Et encore, quand j’ai commencé il y a 30 ans, la façon de faire les films n’était pas du tout la même. Ce n’était pas du tout le même process financier. Aujourd’hui ça s’est vraiment tendu. »

 

Le cinéma-monde

Aurore Renaut : « De l’image à la réalisation, comment ce passage s’est fait ? C’était un désir que vous aviez quand vous êtes entrée à l’école ou c’est venu progressivement ?»

Laetitia Masson : « Mes parents sont très cinéphiles, donc je n’ai pas vraiment de mérite à être entrée dans le cinéma parce que j’avais compris que ce n’était pas seulement qu’ils étaient cinéphiles mais ils m’avaient montré que par le cinéma on avait une image du monde, enfin d’un monde qui n’était pas le nôtre. C’est-à-dire que tous les autres mondes étaient importants dans la vie, comme la peinture, comme la lecture, que c’est aussi important que le réel, que justement ça pouvait aider à supporter le réel. Enfin c’est comme ça que je l’ai compris. »

 

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